Préambule
Vous êtes de plus en plus nombreux à me lire ici. Merci d’être là !
Lorsque j’ai commencé cette newsletter, je voulais créer un endroit où parler aux âmes sensibles. Voici quelques mots à mettre sur vos coeurs. Ecrits d’un jet, sans me relire pour être au plus près du vrai.
Bonne lecture ☕️
Tout est plus facile la deuxième fois. Vous avez remarqué comme cette règle est vraie ?
L’entrée en maternelle, l’annonce d’un décès, les bobos qui exigent de courir aux urgences, le premier pas dans le cabinet d’un neurologue pédiatrique.
L’entrée dans la maternité m’a mise au tapis, je crois que ce n’est plus un secrêt pour personne. Il y avait tant de premières fois à vivre et tout était trop fort.
Quand on papotait le matin devant l’école avec d’autres mamans, j’avais l’impression d’être constamment celle qui déballait son sac de galères poisseuses. Les autres penchaient la tête et me regardaient avec une moue gênée. Et tout ce que je lisais dans leurs yeux était un mélange de pitié et d’incompréhension face à ce qui leur paraissait être une faiblesse.
Faiblesse de dire ce qui heurte ? Faiblesse de mettre des mots sur l’indicible ? Faiblesse de refuser la solitude ?
Cet été je m’étais promis de ne plus parler de rien qui me concerne. N’engager aucun débat, rien de personnel, juste du superflu. Avec cette impression tenace que mes émotions n’étaient pas calibrées pour ce monde et ses exigences.
Face à moi, des visages lasses de m’entendre dire que le monde déraille, qu’il faut vivre autrement, qu’on peut rêver à mieux pour nos enfants.
En réalité, le fait de dire, de raconter entre deux portes, d’écrire ici, a été un soutien sans failles. Il m’a permis de trouver un écho à mes questionnements, de sentir de la résonance dans le coeur de certains. Parfois des inconnus, souvent des amis perdus de vue, qui dans un inbox glissé en pleine nuit, me confient que mes mots leur parlent. Qu’ils se font caresse, parfois cassures, peu importe, tant qu’ils mettent en mouvement.
Quelle puissance que la parole. J’essaye d’enseigner à mes garçons de tout dire. Quitte à parfois déborder, se tromper, ou déranger. Le silence que certains nous imposent sous prétexte qu’on dérange, n’est que le reflet de leur propre prison.
Il n’y a rien de pire que l’immobilité. Qu’elle soit dans la tête, le coeur, ou même le corps. Mon ostéopathe me répète souvent que le manque de mouvement est synonyme de mort. Qu’il faut remettre du mouvement partout ou l’on passe, agiter les eaux stagnantes, avancer.
Parfois on s’endort un peu, pour quelques semaines, quelques mois. On s’enterre dans une routine qui rassure, qui rend tout plus simple, on s’anesthésie et on s’oublie un peu. Mais très vite il faut repartir, taper un grand coup dans le fond du puits pour remonter vers la lumière, nager à contre courant, nager fort.
Le mouvement c’est aller vers l’autre. C’est s’ouvrir aux mondes qui nous bousculent, c’est crier dans le vent pour manifester, c’est ne pas se résigner.
Alors à nous tous, qui entamons cette nouvelle année sous des auspices inquiétantes, levons-nous, ne prenons rien pour acquis et remettons du mouvement partout où il le faudra.
Je vous donne rendez-vous ici souvent, sur ce Courrier Du Sensible, pour questionner le monde et faire la part belle au sensible.
Si vous aimez ce texte, faites-le tourner à vos loved-ones.
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